La Cie Ariart théâtre dans le OFF du festival d’Avignon pour Les dits du bout de l’île

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La compagnie mahoraise Ariart théâtre est au programme du théâtre avignonnais La chapelle du verbe incarné pour défendre leur dernière création Les dits du bout de l’île.  Pour celles et ceux qui passent dans le Sud c’est du 07 au 30 Juillet à 19h45. Réservez vos places au 04 90 14 07 49.

Texte : Nassuf DJAILANI

Mise en scène et adaptation : El Madjid Saindou

Comédiens : Dalfine Ahamadi, Soumette Ahmed, Alexandre Nassim Hazali.

Musiciens : Mwégné Mmadi et Tao Ravao

 

 

Festival Off Avignon 2016 ! La Cie Ariart Théâtre Mayotte est au Théâtre de la Chapelle du Verbe Incarné du 07 au 30 Juillet à 19h45 ! Nous vous attendons nombreux les amis ! 🙂 Réservez vos places au 04 90 14 07 49

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Francophonies en Limousin : Soeuf Elbadawi ou un musulman de moins au programme de la 32ème édition

Actualité, Festival Francophonies en Limousin, Théâtre

Le comédien et metteur en scène Soeuf Elbadawi s’illustre encore une fois cette année à l’occasion de la 32ème édition du festival des Francophonies en Limousin, du 23 au 3 octobre 2015. Au programme une petite forme intitulée Un musulman de moins est une farce qui nous parle de la peur. La pièce propose un jeu de rôle entre réel et fictions. Le nom complet de la pièce c’est Banalités d’usage ou encore Un musulman de moins.

D’abord en arrivant au théâtre John Lennon à Limoges, il faut se diriger vers la réception qui fait parti du spectacle. Les réceptionnistes, un homme et une femme vous proposent de prendre un ticket pour les chambres 1 à 12 au choix. Des numéros qui correspondent aux 12 spectacles proposés durant plus de 3 h. Des petites formes de 30 à 45 minutes que les concepteurs (Sarah Berthiaume, Armel Roussel et Gilles Poulin-Denis) ont baptisé road-trip théâtral (une première en France, réunissant des auteurs venus de la Belgique, du Canada – Québec, des Comores, du Congo ou encore de la Suisse).

On vous invite ensuite à rejoindre des tables numérotées de 1 à 12. Un animateur annonce ensuite au micro qu’il faut rejoindre les lieux des différents spectacles aux différents groupes. Et voilà que les uns et les autres se dirigent docilement vers les lieux de rendez-vous en suivant un guide. Le piège commence ainsi, les gens se laissent prendre, jouent le jeu sans le savoir, comme s’ils faisaient parti du spectacle. Nous nous dirigeons vers ce qui est annoncée comme la chambre 7.

Soeuf Elbadawi donne rendez-vous dans la cuisine du théâtre, la jauge est de 14 places. Quand on passe la porte, surprise, une grande table est dressée, des bougies sont allumées, nappée de blanc la table est mise, avec des toasts dans l’assiette, du vin est servi, tous les convives ont une assiette, plus une assiette vide avec une photo du comédien dans l’assiette vide. Au centre de la table un lecteur MP3 est posé, la guide nous invite à appuyer dessus pour la mettre en marche. Dans la plaquette fournie à la réception, Armel Roussel (metteur en scène) annonce que « l’artiste comorien Soeuf Elbadawi n’a pas été autorisé à entrer sur le territoire français et qu’il a été retenu au poste frontière par les services d’immigration »! On est pris par le récit qui s’enchaîne avec la voix du comédien qui nous explique qu’il veut nous parler de « la peur; tout en parlant du pays d’où il vient ». Il nous parle des tracasseries du voyage quand on est noir et de surcroît musulman et étranger en France. Il nous parle du « principe de la file de droite », celle où atterrissent toujours les gens que les systèmes de contrôle repèrent et retiennent à la frontière le temps de la « fouille au corps ». Des tracasseries qui sont devenues pour le comédien « des banalités » d’où le titre. On est pris d’empathie, on voudrait s’indigner qu’un artiste pourtant attendu, programmé dans ce festival prestigieux soit empêché de séjour faute de papier, ou pour délit de faciès. On est « pris à la gorge ! ». On voudrait crier au scandale.

Coup de théâtre à la fin du récit radiophonique, déboule un homme barbu, des dreadlocks pendouillant jusqu’à l’épaules enroulées d’écharpe jaune. L’homme a le sourire. On reconnait sa voix qui nous dit bonjour. La farce a bien marché. « La mauvaise farce, glissera quelqu’un ». L’histoire de la rétention est une mauvaise blague, et tout le monde est tombé dans le panneau, plusieurs convives se plaignent d’avoir été berné sur une question aussi grave. D’autres admettent ne pas avoir cru une seconde à la note sur le comédien retenu à la frontière », le débat s’engage. Et là à nouveau coup de théâtre, l’un des convives, un blanc, un européen devrait-on dire, tellement l’affaire est sensible à ce stade du spectacle, un homme barbu, se lève et se met derrière un pupitre qui était déjà là et se met à apostropher le comédien de manière très vive, très virulente.

« Qu’est-ce qu’un musulman ? » et le comédien de répondre : « quelqu’un qui cherche l’apaisement »

Une joute s’engage, que tout le monde croit sincère. Et les mots fusent comme ça 5 à 10 minutes et du tac au tac on parle laïcité, identité de La France, des musulmans, du droit des blancs français de se sentir agressés, choqués par l’étalage par exemple de magasins halal en France, avec ce « sentiment de ne plus être chez eux ». La joute semble tellement bien réelle, bien amenée qu’au bout d’un moment, on se surprend à penser que le convive est peut-être un peu complice, mais trop tard le tour est joué. Un très beau spectacle de 35 minutes qui passent trop vite. Mais, il faut déjà filer à la réception pour une autre destination à travers 3 autres spectacles sur les 12 au programme.

 

Nassuf Djailani

Un grand comédien comorien en quête de « nom », au festival d’Avignon 2015

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On a rit d’entrée de jeu. On est saisi par une voix qui porte, qui interpelle, celle d’un jeune, mais déjà grand comédien. Il s’appelle Soumette Ahmed. C’est vrai qu’il est grand, au sens propre, comme au sens figuré. La pièce s’appelle « Je n’ai pas de nom », un texte très puissant, très drôle, très poignant, construit d’après les textes de Christophe Tarkos, dont la parole est si bien porté par ce grand comédien comorien, jeune diplômé du Conservatoire du Grand Avignon. « Je n’ai pas de nom », c’est l’histoire d’un homme sans identité, qui tente de nous faire prendre conscience que l’on peut vivre sans l’obsession des noms, des origines, des qualifications, et qu’au fond c’est l’humain en face de soi qui est important, qu’il faut apprendre à regarder, à aimer.

« Cela fait 30 ans que je gonfle comme ça, nous dit le comédien, et je me demande quand même s’il n’y a pas de fuite », un clin d’œil peut-être au destin de son pays qui se débat dans un réel complexe pour devenir une nation à la hauteur de ces enfants. Quand on connait un peu intimement l’histoire de ce comédien, on est pris d’émotion vu la qualité et la justesse de son jeu. Car il est vrai qu’il est parti de loin. Il est venu apprendre et il nous transmet son plus grand capital, l’émotion, la générosité dans le jeu, la bonne humeur. Les histoires personnelles et artistiques se croisent et se répondent, car Soumette est un lutteur sans nom qui est en train de s’en donner un. On se souviendra de ce gaillard plein d’énergie, pleins de ressources. Son histoire c’est celle d’un jeune homme ambitieux mais sans le sous, qui part des Comores, pour débarquer à Avignon,  avec la ferme intention « apprendre pour transmettre et puis améliorer mon travail de comédien, car avant le conservatoire, j’étais déjà comédien dans la compagnie que je dirige à Moroni ». Un combat qu’il mène au péril de sa vie. Il a faillit y laisser des plumes, mais ce sont les rencontres heureuses et malheureuses qui l’ont construit. C’est aussi sa force de caractère qui l’a maintenu debout, qui l’a mené à son objectif. Après avoir été diplômé du Conservatoire, il vient de recevoir le prix du meilleur comédien, du « Grand Prix Afrique théâtre francophone 2014 », du Prix Bernard Giraudeau 2015, ainsi que du Prix Passe-Portes 2015. Dans sa valise, Soumette est venu au festival d’Avignon en 2015 avec ses meilleurs soutiens, les artistes peintre Seda et Gamil qui exposent leurs toiles dans le hall du Conservatoire. Et pour couronner le tout, il a le soutien de l’un des musiciens le plus en vue dans l’archipel comorien, Maalesh qui joue prochainement au Conservatoire du Grand Avignon le 24 juillet après le spectacle « Je n’ai pas de nom ». 2015, est ainsi devenu synonyme de l’année des Comores en France. Les Comores redonnent ainsi un grand nom à l’un de ses plus grand fils, Soumette Ahmed. Un spectacle salué par toute la presse régionale comme Vaucluse Matin : « Ahmed Soumette maîtrise la poésie de Tarkos certes, mais propose surtout une surprenante «mise sur le plateau» du poète Marseillais, le tout délicatement enrobé d’un rire salvateur ». Un grand succès pour une première dans le OFF.

Extrait du spectacle :

« Je suis la vie, je suis la vitalité, la vie vivante, l’énergie nouvelle, la nouveauté, le sang frais, la jeunesse du pays, la force vitale, la jeunesse au travail, l’espoir au travail, le chantier ouvert, l’ouverture vers l’avenir, la force vive, l’énergie fraîche, le métal souple, l’animal vivant, le nouveau civilisé, le corps à l’œuvre, le nouveau départ, le travail de la naissance, la souplesse tendue, la force du travail, les rires, les rires des vies, la prouesse, la construction, l’élan vers l’avant, les combattants, le courage, les œuvres ouvertes, les nouveaux hommes à venir, la montée en vigueur, la poussée, la production, le germe du monde à venir ».

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Créé à Moroni (Grande Comore) en mars 2014 à l’occasion de la semaine de la Francophonie sous le titre «Tentation d’exister», le spectacle, conçu à partir de textes de Christophe Tarkos, a évo – lué à la suite d’une résidence au Théâtre des Halles à Avignon en novembre 2014 pour devenir «Je n’ai pas de nom»

Défenseur de la francophonie, le comédien et metteur en scène comorien Soumette Ahmed est accueilli par le Conservatoire (dont il a été l’élève) avec sa création, Je n’ai pas de nom, d’après les textes de Christophe Tarkos du 4 au 25 juillet (sauf les dimanches) à 18h.

Comédien et metteur en scène : Soumette Ahmed

Régie et direction d’acteur : Thomas Bréant

Soumette Ahmed dans Je n'ai pas de nom, Conservatoire d'Avignon (photo : Anne Julien, 2015)

Soumette Ahmed dans Je n’ai pas de nom, Conservatoire d’Avignon (photo : Anne Julien, 2015)

Nassuf DJAILANI