Avec Un soleil en exil, le dernier Samlong invite en Creuse

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Le dernier roman de Jean-François Samlong, Un soleil en exil, revient sur la tragique histoire des enfants de la Creuse. Lui-même a failli en être. Il se met dans la peau d’un personnage prénommé Héva Lebihan pour donner corps, donner la parole à ces enfants blessés par l’inconscience d’un État qui les a arrachés à leur île, à leurs parents, à leur famille. Ce roman est un grand livre, nécessaire à la mémoire de cette blessure, de ce crime mal nommé. Si « mal nommer les choses ajoute au malheur du monde », alors il faut parler, il faut écrire. Dans ce roman qui allie histoire et fiction, Héva incarne le courage de briser le silence, sans haine ni manichéisme. En refermant le roman, on se rend compte que la souffrance des enfants de la Creuse brûle et brûlera encore pendant longtemps l’histoire d’un État criminel…

Rencontre avec le romancier qui évoque son dernier roman dans le dernier numéro de la revue PROJECTîles, version papier (déjà en librairie*).

 

 

PROJECT-ÎLES : Tout d’abord, ce roman vient de très loin, n’est-ce pas ?

JEAN-FRANÇOIS SAMLONG  : Je me suis intéressé à l’histoire des enfants de la Creuse lorsque, lors d’un déjeuner familial, ma sœur aînée m’a dit : « Toi aussi, tu aurais pu être un enfant de la Creuse ! » En un éclair, des souvenirs sont remontés à ma mémoire. Parents séparés. Ne pouvant plus s’occuper de moi, ma mère m’a confié à mes grands parents alors que j’avais à peine six mois. Toute l’adolescence à errer dans les champs de canne, les forêts, les rivières, puis à faire les quatre cents coups. Mais comme j’avais de bonnes notes au collège, les assistants sociaux ne se sont pas beaucoup occupés de mon cas.

PROJECT-ÎLES : Pourquoi ce roman aujourd’hui ? On se souvient que, sur le plan législatif, l’Etat a commencé un petit travail de reconnaissance, grâce notamment aux parlementaires originaires de La Réunion. L’actualité a-t-elle guidé le choix d’écriture du roman ?

JEAN-FRANÇOIS SAMLONG  : Pourquoi ce roman ? Parce que plus de 2500 enfants de La Réunion n’ont pas eu ma chance. Leur transfert par avion vers la métropole, plus particulièrement vers la Creuse, a duré 20 ans, de 1962 à 1982, dans des conditions scandaleuses… Première étape : comme les députés, j’ai dû me documenter en lisant les biographies et les témoignages publiés ou postés sur Internet. Deuxième étape : j’ai rencontré les hommes et les femmes qui ont vécu l’enfer de l’exil. Troisième étape : après l’intervention de la députée Ericka Bareights, le 18 février 2014, pour que l’Assemblée nationale reconnaisse la responsabilité morale de l’Etat français dans le transfert d’enfants réunionnais en métropole, j’ai décidé de me rendre dans la Creuse afin de rencontrer des gens et de ramener d’autres témoignages. Pour le bon déroulement de l’intrigue, j’avais besoin d’entendre la voix des Creusois. J’avais besoin de me familiariser avec les paysages, les fermes, les bœufs, la vie des paysans. J’avais besoin d’un itinéraire à suivre, d’une atmosphère, de lieux chargés d’histoire. Et, lorsque roulant en voiture vers la Corrèze j’ai traversé le village de Malemort, je me suis dit que c’est ici que le malheur frappera…

(…)

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Propos recueillis par Nassuf Djailani

Pour lire la suite de l’entretien,

vous pouvez vous procurer

la version papier de la revue PROJECT-îles.

 

  • Les points de vente de la revue PROJECT-ILES :
  • MADAGASCAR : SHOWROOM RIJASOLO
  • LA RÉUNION : LIBRAIRIE GÉRARD
  • MAYOTTE : LA BOUQUINERIE DE PASSAMAINTY – LA MAISON DES LIVRES – LIBRAIRIE AU FIL DU KALAME – LA BONNE ASSIETTE (CHICONI)
  • ILE MAURICE : LIBRAIRIE L’ATELIER NOMADE
  • POUR COMMANDER EN LIGNE : https://revueprojectiles.com/boutique-project-iles/

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