Daba, un très beau spectacle pour continuer d’aimer de l’école

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C’est l’histoire de Daba, l’enfant qui n’aimait pas l’école. Un conte de l’écrivain Salim Hatubou, adapté au théâtre dans un spectacle de marionnette par la compagnie Stratagème, en co-production avec le Centre de Création Artistique et Culturel Mavuna des  Comores et la compagnie coatimundi. Rencontre avec Thomas Bréant, l’un des comédiens qui partage la scène avec Soumette Ahmed.

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PROJECT-ILES : Vous êtes une jeune compagnie basée à Mayotte, mais vous travaillez depuis plusieurs années avec votre ami et comédien Soumette Ahmed. Est-ce que vous pourriez nous raconter les débuts, le parcours de ce projet ?

Thomas BRÉANT : L’envie, d’abord, pour Soumette et moi-même de se retrouver ensemble au plateau et de ne plus être l’un en direction d’acteur pendant que  l’autre joue ou vice-versa. Donc, envie de se retrouver au plateau. Ensuite, Soumette, ayant bénéficié d’une bourse pour un stage de Marionnette par le SCAC en 2015, partait en Avignon au conservatoire pour faire un stage chez mon ancien prof, Jean-Claude Leportier qui est intervenant marionnette. Ensuite, étant moi-même sur Avignon à ce moment-là, Soumette m’y a retrouvé et a commencé à me parler d’un éventuel spectacle de marionnette. Nous parlons de l’imaginaire que cela développe, du rapport à l’enfant, du champ des possibles sur ce type de travail. Et, surtout, nous avions aussi envie de travailler sur une forme à destination du jeune public. Nous voulions aussi sortir des contraintes techniques des spectacles conventionnelles et souhaitions une forme de spectacle qui puisse se jouer n’importe où et qui tienne dans une valise.  Après une rencontre avec Jean-Claude Leportier de la Compagnie Coatimundi, le projet commence à prendre vie. Il aura fallu deux ans environs, entre l’accord sur le projet et sa mise en œuvre.

PROJECT-ILES : Qu’est-ce qui a motivé le choix du texte de salim Hatubou ?

Thomas BRÉANT  : Pour Salim, sur le choix du texte, c’est tombé un peu comme une évidence. Il nous avait quitté, il était très actif sur le travail de l’archipel en général et sur le CCAC (NDLR : Le centre comorien d’Actions culturelles, dirigé par Soumette Ahmed). Nous lui avions rendu plusieurs fois hommage à Moroni et à Mayotte. Puis, quand Soumette a lu le dernier texte Daba, nous en avons parlé. Je l’ai lu également et on est parti dessus car nous étions sur un conte avec une figure traditionnelle et, de plus, qui se portait au jeune public. Nous avons aussi soumis le texte à Jean-Claude qui, avec Catherine sa partenaire de travail, conçoit les marionnettes, avait rencontré Salim avant qu’il ne disparaisse. Et Jean-Claude, a tout de suite accroché avec le texte. Donc, nous n’avions plus de questions à nous poser.

PROJECT-ILES : C’est un conte initialement, publié en album par Salim Hatubou, illustré par Mathilde Drault. Comment avez-vous travaillé pour l’adapter au théâtre ?

Thomas BRÉANT  : C’est un conte à la base effectivement. Pour ce qui est de l’adaptation pour le plateau, nous avons fait confiance à Jean-Claude qui lui a l’habitude de ce genre d’adaptation sur des contes que l’on met en scène. De plus la compagnie coatimundi a déjà monté plusieurs fois des spectacles pour le jeune public. Par contre pour l’adapter en théâtre et en marionnette, la spécificité de ce spectacle est que nous sommes à la fois acteurs et marionnettistes, complètement à découvert, nous ne sommes pas cachés. De plus, nous travaillons avec des marionnettes de plusieurs types ; marionnettes dites de tables, Les marottes, les masques marionnettes…

Tout ceci n’est pas très conventionnel dans le sens où Daba, par exemple, qui est une marionnette à table, joue dans le vide sans table pour s’appuyer. Du coup nous devons inventer d’autres formes de jeux pour rendre la marionnette réaliste. Ce qui crée, comme le dit le metteur en scène, une forme très contemporaine, qui, lui-même, n’avait jamais testé auparavant. Nous avons en tout sept marionnettes à manipulé et nos deux rôles a interprété ce qui demande une gymnastique cérébrale de haute voltige.

Tout ceci n’est pas très conventionnel dans le sens où Daba, par exemple, qui est une marionnette à table, joue dans le vide sans table pour s’appuyer. Du coup nous devons inventer d’autres formes de jeux pour rendre la marionnette réaliste. Ce qui crée, comme le dit le metteur en scène, une forme très contemporaine, qui, lui-même, n’avait jamais testé auparavant.

PROJECT-ILES : Est-ce que vous pourriez nous expliquer pourquoi vous avez cherché à intégrer les marionnettes dans le spectacle ? Le spectacle s’adresse à tout public ou essentiellement à un public enfant ?

Thomas BRÉANT : Le choix des marionnettes tout d’abord car il y a eu rencontre avec Jean-Claude à la genèse du projet. Ensuite Il y a eu Catherine pour la conception et la fabrication. Ils nous ont fait découvrir leurs mondes des marionnettes et surtout les leurs qui sont très efficace et pertinente pour porter l’attention. Puis nous avions eu déjà quelques expériences sur la marionnette, dans l’archipel auprès des jeunes publics et nous nous étions très vite rendu compte de la pertinence et l’attention que cela pouvait créer chez l’enfant. ET surtout nous pouvons nous permettre des choses avec la marionnette que nous ne pouvons faire avec de vrais comédiens. Au fur et à mesure de la création et en l’ayant présenté au public de Moroni, nous nous sommes rendu compte que ce spectacle s’adresse aux jeunes mais que les parents rentre complètements dans l’histoire et suivent comme les enfants les aventures de Daba tout au long de l’histoire

PROJECT-ILES : Ce spectacle marche beaucoup auprès des enfants. Est-ce que vous pouvez nous parler des tournées programmées. Les bonnes nouvelles ont l’air de s’enchaîner autour du spectacle ?

Thomas BRÉANT : Plusieurs tournées sont en prévision sur l’ensemble de l’archipel. De plus nous sommes en train de mettre en place un dossier pédagogique pour travailler en lien avec les structures scolaires. Puis nous avons des pistes pour l’Océan Indien (NDLR : le spectacle était en tournée dans l’archipel  des Comores en juin, début juillet 2018 à La Réunion, et actuellement à Mayotte), et, effectivement, nous avons déjà plusieurs dates en France, en Afrique et l’Europe qui sont en discussions.

PROJECT-ILES : La création a eu lieu à Avignon au tout début. Est-ce qu’elle reviendra à Avignon durant le festival ou pas, cette année 2018 ?

Thomas BRÉANT : La première partie de la résidence s’est faite en Avignon, car le metteur en scène et la constructrice de marionnette y vivent. Mais pas pour le festival d’Avignon 2018. En revanche, nous sommes en discussion pour savoir si l’année prochaine nous décidons de le présenter ou pas.

Propos recueillis par Nassuf Djailani

*Cet entretien est paru une première fois dans la revue papier PROJECT-ILES en 2017, au tout début de la création de ce spectacle.

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