Rencontre avec Sergio Grondin à propos de En attendant Dodo…

Actualité, Festival d'Avignon OFF

PROJECT-ILES:

Est-ce que vous pouvez nous parler de l’origine de ce spectacle ?

 

Sergio Grondin : La paternité, c’est en un mot ce qui m’a donné envie de me pencher sur ce genre que j’ignorais tellement, le jeune public. Moi qui ai toujours raconté des histoires dures et adultes, je me suis demandé et si j’avais quelque chose à lui raconter à ce petit bonhomme qui vient d’arriver dans ta vie. C’était pour moi comme une projection dans mes inquiétudes liées à la parentalité, et cette chose qu’on appelle l’amour inconditionnel. Mes deux précédents spectacles – Kok Batay et Les Chiens de Bucarest – traitaient de mon rapport au père, et puis je le suis devenu à mon tour et j’avais envie de m’interroger ma propre présence à la paternité. C’est un rapport tourmenté, mais heureux, difficile, mais poétique et plein d’espoir.

 

Pourquoi ce dispositif, le couple, l’enfant absent, la vidéo ?

Que cherchez-vous à raconter ? La présence absence, la nostalgie, la perte ?

S.G : Ce que je cherche à raconter, c’est avant tout le fait qu’on reste à tout jamais lié aux siens, à cette partie de nous, cet enfant, qui un jour décide de nous quitter. Ici les deux parents ne font qu’attendre ce fils qu’un drame éloigne inexorablement d’eux et l’écran, omniprésent, symbolise ce manque cette attache, cette connexion, ce réseautage, ce lien froid et nécessaire. L’écran est, comme dans nos vies, allumé en permanence, et dans sa rémanence se lisent nos angoisses.

Que veut dire la musique dans cette pièce?

S.G : La musique est très présente dans mon travail, ici elle est le lien à l’enfance, à l’imaginaire détraqué des parents, comme une entêtante berceuse dont ils ont du mal à se défaire;

Un mot sur les comédiens, c’est qui ce père? Son histoire à ce comédien musicien? C’est votre première collaboration?

S.G : J’ai rencontré Éric, un peu par hasard, au fil de mes pérégrinations artistiques, le courant est très vite passé. C’est un touche-à-tout, à la fois comédien, musicien, chanteur, show man. On a eu très vite envie de collaborer, de monter quelque chose en commun, et puis je n’ai jamais eu assez de temps disponible. Quand l’envie de ce spectacle est née, c’était une évidence, il fallait quelqu’un qui soit dans à la fois dans l’innocence et dans l’espièglerie, et finalement d’assez indolent, le personnage du père c’était tout à fait lui.

Parlez-nous de cette mère, pourquoi l’avoir imaginé en short comme ça, une mère rock & roll, un peu susceptible, touchante, aimante.

S.G : Je voulais à tout prix éviter le cliché des parents au look un peu suranné, le thème de la pièce est rock’n’roll, il fallait qu’un des deux parents le soit aussi, un peu excentrique, décalé. La mère devait porter ça, l’énergie enlevée au père, la folie du couple. Lucie, la comédienne, est naturellement remplie de cette énergie, il a plutôt fallu la canaliser, équilibrer son côté brut par de la tendresse.

C’est la première fois que vous le montrez ce spectacle?

S.G : Il a déjà été joué, à la Réunion, peu de fois, il commence tout juste son existence, c’est une bonne étape que de passer par la case Avignon, cela permettra, j’espère, à notre Dodo de prendre son envol.

Propos recueillis par Nassuf Djailani

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